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Dimanche 2 mars 2008


La parabase est une partie de la comédie grecque où l'auteur s'adresse directement au public, par la bouche du coryphée qui interpelle les spectateurs, pendant que le chœur se range au bord de la scène.


Pourquoi du théâtre ?

 
Je pense pouvoir dire aujourd'hui que les plus grands bonheurs de ma vie jusqu'à présent me sont toujours venus du théâtre. Jusqu'à présent, certes, mais je sais que cela ne pourra que durer, sans changer, car le théâtre ne me décevra pas. Certains pensent sans doute qu'il est insensé d'accorder une telle confiance à une institution si peu stable ou encore si différente dans ses formes d'expressions... Je ne peux les contredire; mais ce sont justement ces aspects qui font son charme, et plus qu'un charme, et plus qu'un charme, la passion brûlante dont elle est source. Et puis le principe de la représentation, cette exhibition impudique d'une humanité n'est-il pas lui-même insensé? Ainsi que ceux qui ne comprennent pas la raison de cette passion taisent leurs critiques infondées ou bien me suivent derrière le rideau de scène...

Je disais donc que c'est bien le théâtre qui ouvre en moi les plus grandes sources jaillissantes de bonheur. Que ce soit debout, dans les lumières galvanisantes de la scène, ou assis, dans la pénombre attentive d'une salle. Assurément acteur dans le premier cas; mais assurément actif dans le deuxième. Car en effet le spectateur, ou plutôt le spect'acteur, est bien un acteur indispensable de la représentation. Quelle n'est donc pas ma joie, chaque fois renouvelée, de me laisser emporter corps et esprit dans l'ivresse de fauteuils rouges criant silencieusement leur désir de recevoir nos attentes, la magie d'un rideau qui s'ouvre sur le monde ou (et ?) sur le rêve, la féerie de projecteurs illuminant nos avatars à qui, assis dans une salle noir tels des otages volontaires, nous avons donné tout pouvoir pour une durée déterminée - ou presque, puisque souvenir et émotion ne peuvent être qu'indéterminé dans le temps - tragique et bienheureux temps - qui suit la représentation.

Comment ne pas comprendre ma joie également de me brûler les mains avec plaisir à force d'applaudir quelqu'un que j'admire d'être venu m'offrir sa personne pour une soirée. Vivant est le théâtre car il est un don perpétuel. Le théâtre est un don vivant. Un don entier de plusieurs personnes. L'auteur, qui vient donner une partie de la matière, de la nourriture même du spectacle. L'acteur, qui vient donner son corps, son coeur, son intelligence, et sa pertinence. Le metteur en scène, qui vient donner sa vison des choses mais qui, au service des deux précédents, vient finalement modeler des propositions. De ce travail commun, de ces richesses mises en commun, résulte une véritable oeuvre d'art, ou plutôt un acte artistique, terriblement éphémère, qui ne peut vivre que sous le regard de spectateurs.

Aujourd'hui aux nues, demain honni,  cette oeuvre vivante, c'est l'acteur qui la concrétise. Dévalorisé ou surestimé, sa place dans la société reste ambiguë, marginalisée - encore à notre époque. L'acteur a le pouvoir de ne plus être lui-même une fois sur scène. Et cela effraie. Ou fait rêver... Quel métier merveilleux ! Mais quel courage, quelle force d'esprit, cela demande-t-il de recevoir d'un même front critique assassine et compliment enchanteur ! Quel courage faut-il pour venir se donner tout entier, s'approprier des paroles qui ne sont pas les nôtres et donner l'illusion de la réalité, mourir de trac derrière un rideau, et resplendir enfin, en pleine lumière! Tant que battra le coeur de l'homme, le théâtre vivra. Alors... Que vive le théâtre !

Par Manolito - Publié dans : Accueil
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Commentaires

touchée par ces mots d'émotion qui me font vivre... Tendresse, Minuimivie
Commentaire n°1 posté par Minuimivie le 16/05/2008 à 19h57
 
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