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Bienvenue sur Parabase, le blog où je poste pour vous mes critiques de théâtre des pièces que je suis allé voir dans le Vaucluse (84) et particulièrement Avignon bien sûr !
Pommerat tire son oeuvre des mots des autres, des inconnus, pour les faire siens, et les transcender par son
talent.
Dans ce spectacle tout est parfait. On ne peut dire plus. Dans le dépouillement le plus complet, une tension inimaginable
se crée, dans des situations presque insupportables selon les scènes. Les acteurs, merveilleusement habités, sont d'une justesse à couper le souffle.
La précision de l'utilisation des lumières comme créatrices autant d'espace que de sens nous laisse, elle aussi,
admiratifs. La musique, les effets sonores... tout contribue à créer une ambiance qui ne peux laisser indemne.
Sur cette espace vierge, cette page qui veut paraître blanche mais qui est déjà noircie, le verbe est projeté. Acéré, il
s'enfonce en nous, nous taille à vif, là où ça fait mal, dans notre intimité, notre propre histoire. Car chacun se reconnaît. Cette pièce a bouleversé l'ado que je suis, mais ne pourra que
toucher chaque être humain dont le coeur est encore de chair, car ces mots nous parlent à nous, directement, dans notre humanité. Faible et tragique humanité. Perverse et grandiose
humanité.
Les musiciens sont là pour nous redonner de l'oxygène entre les scènes que le talent des comédiens rendait plus que
dérangeantes, irrespirables, insoutenables. Tout est là pour nous déstabiliser, nous chambouler au profond de notre conscience. Les mots de Pommerat et la justesse sublime de sa mise en
scène nous touchent en plein coeur. C'est une expérience autant douloureuse qu'euphorisante, autant effrayante qu'exutoire. On en ressort fascinés et bouleversés.